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Revisiter la question de l'intermittence par la lorgnette du revenu universel d'existence. mercredi 30 juillet 2003, par WebGenerAction (copID)
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Du salariat comme modèle idéologique.Revisiter la question de l'intermittence par la lorgnette du revenu universel d'existence. Quand je lis (les Inrockuptibles du 23 juillet) dans la bouche de Françoise Benhamou que non, non il ne faut pas créer un revenu minimum d'existence sous peine de créer un mouvement de « désincitaton au travail » les bras m'en tombent. Désinciter au travail. Et alors, quel risque courrons-nous quand le chômage touche plus de 9% des actifs selon l'Insee ? Pourquoi entretenir toujours et encore cette idéologie du travail rémunéré comme idéal de l'épanouissement individuel quand nous savons que des millions de personnes travaillent pour faire bouillir la marmite, sans aucun espoir d'évoluer vers un emploi enrichissant humainement ? Des dizaines de milliers de personnes s'épanouissent dans les activités qu'elles mènent en dehors de leur travail lucratif, à travers des engagements personnels choisis, souvent militants (création, social, mouvements idéologiques ou politiques...). Les débats qui agitent les intermittents du spectacle depuis Avignon portent autant sur l'évolution de la société que sur les moyens de protéger leur statut (témoin, la liste de diffusion par e-mail http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/cip-idf). Oui, peut-être bien qu'il faudrait se poser la question, à travers la polémique sur les soi-disant privilèges des intermittents du spectacle, de l'équité de notre actuel capitalisme intégré. Pierre-Michel Menger, sociologue, toujours dans les Inrocks du 23 juillet : « Il est manifeste que sous la forme existante, réforme comprise, l'intermittence ne serait absolument plus viable si elle était étendue à deux fois plus de professionnels, de métiers (artistiques mais aussi techniques et ouvriers - il faut être cohérent) et de secteurs. » Bien sûr, puisque, très pudiquement, vous protégez de votre label de chercheurs le haut de l'échelle sociale. On admet implicitement trop souvent que le fonctionnement économique et social actuel est immuable et nécessaire, qu'il peut être réformé, mais pas transformé. Vous ne posez la question de l'évolution de l'Unedic que dans un système clos et rodé qui est celui de la mutualisation des richesses entre salariés par un système de prélèvement sur les salaires. Si nous posions la question en intégrant à la réflexion les autres sphères où l'argent circule, les réponses se multiplieraient. La possibilité de mutualiser les richesses des employés, à travers les prélèvements sur les salaires, et celles des entreprises qui les emploient, à travers leurs bénéfices a été oblitérée par le Medef, le gouvernement et les médias de masse, qui ont jeté la proposition directement aux oubliettes sans passer par la case information du public. Pourquoi ? On a entendu dire qu'il serait ridicule de soumettre le régime d'assurance chômage aux aléas des bénéfices, car, comme chacun sait, les bénéfices fluctuent. Pourtant, il n'est plus à démontrer que les grandes entreprises privilégient la stabilité de leurs bénéfices à celle du nombre de leurs employés, n'hésitant pas à licencier par « plans » ou à employer des précaires corvéables à merci et éjectables du jour au lendemain puisque non protégés par le droit du travail. La réalité, c'est qu'instaurer un système de vases communicants entre les bénéfices et l'assurance chômage reviendrait à accepter l'idée que les employés sont indirectement intéressés aux bénéfices de leur employeur. Ce qui, du point de vue du patronat, doit être absolument évité, sous peine de mettre en danger le système actuel de l'actionnariat. En effet, si les bénéfices étaient soumis à une taxe visant à alimenter, au pire, une véritable assurance chômage de tous les secteurs, au mieux, un revenu universel d'existence, les actionnaires gagneraient moins d'argent. Inconcevable ! Et la pression sociale qui s'exerce sur les individus pour les soumettre à « l'insertion par l'économique » ne jouerait plus son rôle. Chacun serait alors libre de choisir son activité. La « désincitation au travail » produirait de nouvelles motivations à l'activité humaine. Serait-ce un mal ? MG matière Grasse matieregrasse@club-internet.fr Source : http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=5770 |
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