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Harc ?lement professionnel et illusions mortelles (I) dimanche 18 novembre 2001, par samia
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Une bonne partie des victimes de harcèlement professionnel sont des travailleurs ayant subi, ou pas loin de subir, des licenciements. Le licenciement est souvent la forme ultime de marginalisation que l'employeur impose à une personnalité dont la tête ne revient pas au système. Ce qui se passe actuellement avec les UNEDIC, le PARE et autres, montre bien que les institutions ne sont pas prêtes à faire des cadeaux à ceux qui subissent cette forme de marginalisation. Pourtant, le chômage et l'arrêt maladie nous sont souvent présentés par les médias comme des "réfuges" contre le harcèlement. Et on "oublie" d'informer sur le sort qui attend ceux qui se retrouvent sous la coupe des assurances chômage ou de la Sécu, ou devant un possible nouvel employeur. La réalité est que le harcèlement professionnel ne s'arrête pas à la porte de l'entreprise ni à la rupture du contrat de travail. Il continue, notamment par des voies insitutionnelles, lors des arrêts maladie ou de l'attente d'un nouvel emploi. Au fond, ce que l'on "oublie", c'est d'analyser le contenu et les mobiles de ces méfaits du système. D'où une petite série de postings que je viens de commencer, et dont le premier suit.
%L'histoire du "harcèlement professionnel" est celle de la crise d'une société. Elle s'est répandue en France il y a deux ou trois ans, mais elle est en réalité très ancienne. Les psys comme Marie-France Hirigoyen ont tendance à en parler comme si c'était une grande "prise de conscience" de la société que de l'évoquer, mais les choses sont un peu plus compliquées. Car, précisément, on évite de parler de la crise de la société, ce qui constitue le vrai problème de fond. Pourquoi, depuis deux décennies, les pratiques de harcèlement au travail se sont-elles répandues, au point qu'il a fallu en parler ? Qui dit harcèlement dit guerre ou conflit, car le harcèlement est une vieille notion militaire. Toutes les armées sérieuses, depuis l'antiquité, étudient et dévéloppent des techniques de harcèlement. Les psys médiatisés n'ont rien découvert, pas plus qu'ils n'ont compris quoi que ce soit à la notion de "pervers". Ils ont même inversé la signification réelle de cette dernière, en faisant de la pseudo-science. Car, historiquement, dans toute la panoplie ecclésiastique et inquisitoriale qui a fabriqué cette notion et qui l'a constamment utilisée, y compris contre les "agitateurs sociaux", le "pervers" est la victime de la persécution, et pas l'inverse. Le "pervers" (présumé ou accusé) n'est pas le harceleur, mais le harcelé. Si le harcèlement est une notion militaire, caractéristique des périodes de guerre, où est la guerre ? Ce n'est pas compliqué à trouver : depuis deux décennies, nous sommes dans une période de transition d'une période dans laquelle le capitalisme gardait une façade humaine (guerre froide et dangers de révolutions obligeaient) vers une période où il montrera (il le fait de plus en plus) sont vrai visage (faite d'adversaire digne de ce nom). Une période de transition d'une certaine démocratie de façade et une certaine "paix sociale" (entre la Libération et la fin des années 70) vers la dictature ouverte et l'esclavage des travailleurs. C'est une profonde transition sociale, au cours de laquelle le capitalisme exploite "militairement" (au sens large) les changements intervenus dans les rapports des forces sociaux, et travaille pour faire évoluer ces rapports des forces encore plus en sa faveur. Une telle transition ne peut pas ne pas s'accompagner de violence, comme tous les changements sociaux importants depuis que l'humanité existe. D'où la vague de VIOLENCE PROFESSIONNELLE déclenché par le patronat. Une violence systématique, qui constitue une vraie GUERRE. Et là où il y a guerre, il y a harcèlement. Précisément, lorsqu'on a submergé les médias de programmes sur le harcèlement, et qu'on a propagé partout l'image du "harcelé sur un divan", on a passé sous silence cet aspect essentiel des choses. Et, à un moment où il y avait (et il y a toujours) un "danger" réel de poussée des mouvements sociaux, on a dit aux gens : "surtout, n'affrontez pas votre harceleur, mettez-vous à l'abri..." Car "il vaut mieux" que quelqu'un se retrouve bourré d'antidépresseurs, que de le voir taper sur la gueule de son chef ou de son patron ou, avec d'autres collègues, déclencher une émeute dans l'entreprise... Ce qui est arrivé plus d'une fois, et qui risquait (risque) de se généraliser si on ne tend(ait) pas aux victimes du capitalisme une échappatoire "convenable". Mais cette échappatoire, outre les effets nocifs des drogues que sont les antidépresseurs, n'est que temporaire : car la sécu n'a pas vraiment enive de payer, et le patronat, encore mois. Et on ne coupera pas à affronter les réalités sociales. Luis Gonzalez-Mestres, chercheur au CNRS.
%Messages extraits de la liste de discussion harcelement_professionnel yahoogroupes.fr avec l'accord de l'auteur. Pour vous inscrire envoyer un email vide à harcelement_professionnel-subscribe@yahoogroups.com |
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